J’imaginais

J’imaginais, j’imaginais tant de choses, assise derrière la fenêtre par laquelle je regardais les rayons lumineux du soleil éclairer un quartier, une ville qui m’étaient interdits. Je restais alors à rêver d’une autre vie, d’une nouvelle possibilité, d’un espoir, de l’espoir qu’un jour cette vie rêvée soit enfin mienne.

Jeune adolescente de treize ans qui espérait tant de choses de ce monde dans un futur proche. Jeune adolescente qui voulait écrire, jouer d’un instrument, voyager, sortir et parcourir les marchés. Jeune adolescente à l’esprit rempli de souhaits et de rêves, des choses si simples pour tant de personnes mais si essentiels à son être. Un petit pavé de saumon à la poissonnerie, une petite salade sur les étals de ce vendeur, un panier dans lequel elle remplirait ses achats par une journée ensoleillée afin de rentrer vers midi se préparer ce si simple repas qui, pour elle, est un festin.

J’imaginais qu’un jour cette vie serait mienne, qu’un jour ces heures qui défilent ne trôneraient plus dans ma solitude. J’imaginais alors qu’une autre fille soit là en moi, celle que je voulais être, celle qui ne pouvait pas encore être.

J’imaginais tant de choses mais tout cela est vain. Aujourd’hui, alors que cette vie est enfin mienne, elle ne m’appartient pas plus qu’hier.

Que faire ? Que faire de ces heures qui continuent inlassablement de trôner sur ma solitude ? Que faire de ces journées ensoleillées où la poissonnerie est fermée ? Que faire dans cette ville que je trouve si morne, si triste, si morte ? Que faire de cette vie qui, finalement, me fait tant peur ?

La mort paraît alors si belle, si soudaine, si pleine de promesses. La mort paraît être un doux délice que jamais la vie ne m’apporterait. La mort paraît être une nouvelle possibilité, un nouvel espoir derrière lequel se cacherait ce que jamais je n’ai encore trouvé ici.

Mais cette vie, dame ensorceleuse, m’appelle et me promet la concrétisation de tous mes souhaits. Elle me dit de rester près d’elle, qu’elle réalisera mes plus profonds secrets. Elle se montre si belle, si attirante, si lumineuse, si brillante. Elle se montre toujours derrière un halo de poussières et de larmes, me promettant que j’effacerai du coin de mes yeux ces quelques larmes qui veulent s’échapper.

Et plus je cours vers elle, plus elle s’éloigne.

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