Quand la nuit tombe

Quand la nuit tombe et que je me retrouve seule, dans cette grande maison, je ne peux m’empêcher de sentir… Sentir encore une fois quelque chose que tant d’autres vivent, que tant d’autres traversent encore seuls. Seuls comme moi.

Solitude. Tu es là. Et pourtant, je voudrais que ce soit quelqu’un qui soit près de moi. Car face à ton silence qui me renvoie à ma souffrance, je ne peux davantage retenir ces larmes.

Non. Je n’y arrive pas. Je n’y arrive plus.

Pourtant, mon esprit tente de s’évader et d’oublier ta cruelle présence. Qui est là ? Si ce n’est que toi. Toi qui marque l’absence de ceux qu’on a aimé et de ceux que l’on continue d’aimer. Mais cet amour reste enfermé entre ces murs et je ne vois que ton regard dans mon esprit.

Solitude, tu es telle une amie qui s’adresse à moi lorsque personne n’est là. Est-ce que tu existes vraiment ou n’es-tu pas le reflet d’une absence trop longue, d’un cœur qui se languit d’avoir encore perdu quelqu’un qui était, autrefois, à mes côtés ?

Ô belles déceptions ! Et que de colère mélangée à cette tristesse que je ne peux contenir. Car je te vois, encore et encore, venir à moi. Mais pourquoi ?

Vas-t-en et laisse-moi ! Mes larmes me réchauffent plus que toi. Même si je n’en veux pas, même si je tente de ne pas pleurer devant toi. Car, non, non, non !!! Je ne veux pas que tu vois ma souffrance imposée par ta présence.

Qu’il est étrange que tu sois là, à regarder mes larmes, mais je sais que tu ne me consoleras pas.

Après tout, n’est-ce pas pour cela que l’on te nomme « solitude » ? Et je tente, par mon intellect, de dénouer la raison de ta présence. Je sais que je fuis. Je sais que je ne veux pas sentir les larmes couler le long de mon visage. Comme tant d’autres nuits tombées où le ciel noir laissait seulement apparaître quelques étoiles. Je levais alors les yeux vers ces points lumineux et croyais un peu plus qu’il y avait quelque chose qui brillait aussi dans mon ciel intérieur.

Lorsque le soleil se couche, lorsque les gens rentrent chez eux et que le vent froid souffle sur mon corps, je me dépêche de rentrer mais c’est toi que je vois à ma porte. Solitude.

Ce soir, je voudrais que quelqu’un soit près de moi. Juste entendre une voix. Croiser un regard, sentir une présence, sourire… Cette nuit tombante, je sens seulement le froid et l’absence.

Ils disaient qu’il fallait s’aimer soi-même d’abord, qu’il fallait penser à soi et aussi aux autres. Cependant, on recherche la liberté mais pourquoi ? On cherche à remplir son appartement de meubles, de rideaux, de vaisselle et de tant d’autres objets mais pourquoi ? On cherche à remplir son temps, à sortir au restaurant ou simplement faire «un tour en ville » mais pourquoi ?

Je plonge mon regard dans mon monde intérieur et je vois que je ne cherche qu’une chose à travers tout cela : oublier, t’oublier. Toi, qui es là, à regarder mon cœur saigner et à entendre mon esprit torturé.

Solitude. Quand la nuit tombe, c’est toi qui recouvre le ciel.

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