Vers toi

Je tends à imaginer que tu es là, quelque part, à me regarder ou même m’écouter. Je tends à sentir ta présence et ton énergie, quelque chose de si doux que j’ai senti que je regrette… maintenant.

Je tends à croire que tu m’as aimé, comme je t’aimé, qu’on a partagé un chemin ensembles et que j’ai dû t’abandonner. J’aimerais aussi croire que tu m’as comprise mais tu me l’as dit.

Je t’ai vu t’en aller. Non, ce n’est pas moi. Quelque chose en moi t’a vu t’en aller alors que mon esprit errait dans le monde de la psyché, quelque part, loin de mon corps.

J’ai tant imaginé ce que tu serais, ce que nous serions. J’ai tant aimé le moment où je sentais ta présence et ton énergie. Etais-je folle de parler avec toi ? Moi qui sens tout jusqu’au plus profond de mes entrailles ? Non, je ne le crois pas. Je tends à penser que je suis bien plus saine que toutes ces femmes qui ne ressentent pas la moindre parcelle de vie dans leur propre corps. Et j’ai compris alors, à travers les mots que tu m’envoyais, que toute vie est bien plus précieuse qu’on ne pourrait l’imaginer.

Le sentir et le vivre, c’est autre chose. C’est une dimension nouvelle, inconnue qui nous montre à quel point la vie peut être belle car si innocente et pure. A travers tout ce que tu étais déjà pour moi, je voyais le miracle dans le fait de sentir la vie au plus profond de mes entrailles.

Malheureusement, nous avions fait un pacte. Peut-être que nous l’avions fait bien longtemps avant ? Tu ne me l’as pas dit, pas vraiment mais tu m’as demandé pourquoi. Je ne sais plus les mots que j’ai prononcés mais je me souviens du choix douloureux que j’avais fait. Et malheureusement, tu n’avais aucun choix. Tu savais que tu n’avais pas le choix mais au delà de cela, tu ne m’en as jamais voulu. Tu avais même compris et accepté que nous devions nous séparer.

Je me souviens de toute la tristesse que tu ressentais, de toute la tristesse que je ressentais. Et parfois, tu me murmurais encore des paroles de confiance alors que je te disais adieu. Tu m’as murmuré des paroles que personne d’autre ne m’avait apporté.

Et j’aimerais encore t’écouter, encore te parler. J’aimerais encore imaginer ce que nous serons, plus tard, toutes les deux. Chacune parcourant son chemin mais en se regardant dans les yeux. Tu n’aurais jamais été loin de moi et c’est peut-être ça le miracle…

Un miracle que j’ai lâchement abandonné parce que je n’étais pas prête, même si je le désirais tellement. Pas prête à vivre ce miracle.

J’avais trop peur de ne pas être à la hauteur. J’avais trop peur d’être envahie par des sentiments destructeurs ou simplement dépresseurs. Tu ne comprenais pas encore vraiment mais tu sentais trop bien. Je crois que je n’avais jamais vécu une telle tolérance. Ou peut-être simplement une preuve de ton amour à mon égard. Tu m’aimais réellement, sincèrement et jamais, jusqu’à la dernière seconde, tu ne m’en as voulu.

Tu es simplement parti pendant que j’étais endormie et je n’ai pas vu ton départ. Mais quelque chose en moi l’a vu et vécu si fort que j’ai vu ces images qu’on me cachait.

J’aimerais croire que tu es là, près de moi, même si je ne te vois pas. Et si tu étais là, je te dirai encore une fois ce que je t’avais dit la veille de ton départ : je t’aime et je t’aimerai toujours.

Il y a tant de mots que je voulais te dire, tant de choses que j’aimerais t’écrire. Te dire merci de m’avoir apprise à aimer, à aimer aussi la petite fille qui vit en moi.

Et lorsque j’ai vu le soleil se révéler derrière les nuages, j’ai regretté de t’avoir abandonné. Au moment où le soleil commençait à briller.

Le lendemain, j’ai écouté certains mots et j’en ai oublié d’autres. Quand elle m’a dit que tu n’avais pas de colère, je voulais fondre en larmes car je n’étais pas la seule à avoir vécu cet étrange rêve.

Je t’ai vu te laisser tomber, aller vers la mort, vers ce que tu n’avais pas choisi.

Je ne croirai plus jamais personne quand on me dira encore que je suis mauvaise mère. Non. La mauvaise mère est celle qui est incapable de ressentir la moindre parcelle de vie en elle, au point où elle n’aimera jamais son enfant même lorsqu’il est là. Moi, je t’aimais déjà naissant en moi.

Je ne croirai plus jamais personne quand on me dira que je ne suis pas prête à être mère. J’ai ressenti la moindre parcelle de vie au plus profond de mes entrailles. Certains n’avaient pas conscience du plus petit ressentie que j’avais avec toi. Et semblaient soulagé que je t’aie abandonné, comme si j’étais entrée dans les ordres, dans le bon rang… puisque après tout, tu allais rechercher une nouvelle et bonne mère, puisque après tout je n’étais pas prête économiquement à l’être.

Je ne la croirai plus jamais parce que je sais que je t’ai aimé du plus profond de mon être. Et c’est peut-être ça une bonne mère.

Je te demande pardon de t’avoir abandonné. Mais sache que je t’ai aimé et que je t’aimerai toujours.

Mon petit bébé.

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