Archive pour la catégorie »Textes«

J’imaginais

J’imaginais, j’imaginais tant de choses, assise derrière la fenêtre par laquelle je regardais les rayons lumineux du soleil éclairer un quartier, une ville qui m’étaient interdits. Je restais alors à rêver d’une autre vie, d’une nouvelle possibilité, d’un espoir, de l’espoir qu’un jour cette vie rêvée soit enfin mienne.

Jeune adolescente de treize ans qui espérait tant de choses de ce monde dans un futur proche. Jeune adolescente qui voulait écrire, jouer d’un instrument, voyager, sortir et parcourir les marchés. Jeune adolescente à l’esprit rempli de souhaits et de rêves, des choses si simples pour tant de personnes mais si essentiels à son être. Un petit pavé de saumon à la poissonnerie, une petite salade sur les étals de ce vendeur, un panier dans lequel elle remplirait ses achats par une journée ensoleillée afin de rentrer vers midi se préparer ce si simple repas qui, pour elle, est un festin.

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Automne

Une feuille tombe sur mon épaule. Orange, c’est déjà l’automne. Une brise glacée me frôle. Je me sens seule, nostalgique. J’aime me promener près des arbres au mois d’automne. Quelque chose de triste, de nostalgique s’empare de l’air. La nature pleure, la nature se meurt. Le ciel est gris, j’ai légèrement froid. Les feuilles tombent au souffle du vent. Les arbres se dénudent de leur beauté, l’herbe est plus que verte, l’air est humide. C’est déjà l’automne.

_ Vous êtes né quand ?

_ Le premier octobre.

_ Ah ! Vous êtes balance ! Comme moi !

Il me sourit mais je connais ce regard. C’était le mien. Je l’avais vu debout qui regardait la cour mais son regard était perdu dans le vide. Il se retourne et je souris. Je sais ce qu’il ressent, j’ai connu ce sentiment.

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Quand la nuit tombe

Quand la nuit tombe et que je me retrouve seule, dans cette grande maison, je ne peux m’empêcher de sentir… Sentir encore une fois quelque chose que tant d’autres vivent, que tant d’autres traversent encore seuls. Seuls comme moi.

Solitude. Tu es là. Et pourtant, je voudrais que ce soit quelqu’un qui soit près de moi. Car face à ton silence qui me renvoie à ma souffrance, je ne peux davantage retenir ces larmes.

Non. Je n’y arrive pas. Je n’y arrive plus.

Pourtant, mon esprit tente de s’évader et d’oublier ta cruelle présence. Qui est là ? Si ce n’est que toi. Toi qui marque l’absence de ceux qu’on a aimé et de ceux que l’on continue d’aimer. Mais cet amour reste enfermé entre ces murs et je ne vois que ton regard dans mon esprit.

Solitude, tu es telle une amie qui s’adresse à moi lorsque personne n’est là. Est-ce que tu existes vraiment ou n’es-tu pas le reflet d’une absence trop longue, d’un cœur qui se languit d’avoir encore perdu quelqu’un qui était, autrefois, à mes côtés ?

Ô belles déceptions ! Et que de colère mélangée à cette tristesse que je ne peux contenir. Car je te vois, encore et encore, venir à moi. Mais pourquoi ?

Vas-t-en et laisse-moi ! Mes larmes me réchauffent plus que toi. Même si je n’en veux pas, même si je tente de ne pas pleurer devant toi. Car, non, non, non !!! Je ne veux pas que tu vois ma souffrance imposée par ta présence.

Qu’il est étrange que tu sois là, à regarder mes larmes, mais je sais que tu ne me consoleras pas.

Après tout, n’est-ce pas pour cela que l’on te nomme « solitude » ? Et je tente, par mon intellect, de dénouer la raison de ta présence. Je sais que je fuis. Je sais que je ne veux pas sentir les larmes couler le long de mon visage. Comme tant d’autres nuits tombées où le ciel noir laissait seulement apparaître quelques étoiles. Je levais alors les yeux vers ces points lumineux et croyais un peu plus qu’il y avait quelque chose qui brillait aussi dans mon ciel intérieur.

Lorsque le soleil se couche, lorsque les gens rentrent chez eux et que le vent froid souffle sur mon corps, je me dépêche de rentrer mais c’est toi que je vois à ma porte. Solitude.

Ce soir, je voudrais que quelqu’un soit près de moi. Juste entendre une voix. Croiser un regard, sentir une présence, sourire… Cette nuit tombante, je sens seulement le froid et l’absence.

Ils disaient qu’il fallait s’aimer soi-même d’abord, qu’il fallait penser à soi et aussi aux autres. Cependant, on recherche la liberté mais pourquoi ? On cherche à remplir son appartement de meubles, de rideaux, de vaisselle et de tant d’autres objets mais pourquoi ? On cherche à remplir son temps, à sortir au restaurant ou simplement faire «un tour en ville » mais pourquoi ?

Je plonge mon regard dans mon monde intérieur et je vois que je ne cherche qu’une chose à travers tout cela : oublier, t’oublier. Toi, qui es là, à regarder mon cœur saigner et à entendre mon esprit torturé.

Solitude. Quand la nuit tombe, c’est toi qui recouvre le ciel.

Tu n’es pas là

Je voudrais que tu sois là, près de moi, sur le tabouret vide à mes côtés, devant ce bar de cuisine, avec ton éternel sourire. Je voudrais entendre ta voix enjouée, voir tes yeux briller, rire à tes côtés.
Je voudrais sentir ta présence, ta chaleur, ta sympathie.

Je voudrais que nous parlions de tout et de rien, de la pluie et du beau temps, de la vie et de la mort, de ce monde qui tourne autour de nous. Mais je suis seule devant un café tandis que la fumée d’une cigarette posée dans le cendrier emplit l’atmosphère.

L’appartement est vide et froid. La pluie tombe doucement sur la ville plongée dans le noir.

Tu n’es pas là. Et pourtant, je n’arrive pas à y croire.

Tu as décidé de t’en aller loin de moi pour continuer ce chemin qu’on appelle la vie. Heureux à l’idée d’une nouvelle vie, d’un nouveau pays, tu as préparé tes affaires, me promettant de m’écrire, de revenir.

Je ne t’en voulais pas pour ton choix. Seulement, je n’arrivais pas à réaliser ce qui se passait. Je te souriais, t’encourageais et t’écoutais.

_ T’inquiètes pas ! On dialoguera sur Internet, me disais-tu.
_ Je sais bien mais j’ai peur qu’avec tes études, tu n’aies pas le temps.
_ Je trouverai le temps. Et puis tu sais bien que je reviendrai durant les grandes vacances, me répondais-tu.
_ Je sais mais c’est dur quand même !

Comment te dire que tu remplissais ma vie comme personne d’autre ? Comment te dire que ce n’était pas de l’amitié, ni de l’amour mais bien au delà ? Je n’ai pas trouvé les mots à ce moment-là.
Étrangement, ce soir, ils sont dans mon esprit. Plus vifs que jamais, attendant que tu les écoute mais tu n’es pas là.

Mes émotions me submergeaient, m’envahissaient jusqu’à me couper le souffle. Tu m’as prise mille fois dans tes bras, me consolais et me réchauffais encore avant que tu ne partes. Quelque part en moi, je sentais une étrange émotion qu’on appelle intuition.

Je prends la tasse et bois une petite gorgée de café. La pluie continue de tomber, la ville est étrangement silencieuse.

Plongée dans le noir, je décide d’allumer une bougie et je la pose sur le bar. Je reste assise à regarder le salon proprement rangé, le divan presque inutile, la télévision éteinte… ce petit lieu où nous avons tant ri et tant pleuré.

Il me semble te revoir assis sur ce divan, éclatant de rire lorsque tu me voyais sortir de la chambre avec une de mes nouvelles fringues extravagantes que je venais d’acheter. Soudain, ce salon insignifiant me semble empli de l’énergie chaleureuse que tu dégageais.

Je te revois sirotant délicatement le café, avec ton petit sourire malicieux tandis que je tournais sur
moi-même pour te montrer comme les nouveaux collants verts allaient si bien avec la robe bordeaux.

_  Mais c’est atroce ! Tu ne vas pas sortir comme ça ! disais-tu en riant.
_ Non, je l’ai acheté exprès pour aller voir mes parents !

Et tu éclatais de rire. C’est comme si ce soir, ton rire si expressif, si communicatif emplissait les murs de l’appartement.

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Vers toi

Je tends à imaginer que tu es là, quelque part, à me regarder ou même m’écouter. Je tends à sentir ta présence et ton énergie, quelque chose de si doux que j’ai senti que je regrette… maintenant.

Je tends à croire que tu m’as aimé, comme je t’aimé, qu’on a partagé un chemin ensembles et que j’ai dû t’abandonner. J’aimerais aussi croire que tu m’as comprise mais tu me l’as dit.

Je t’ai vu t’en aller. Non, ce n’est pas moi. Quelque chose en moi t’a vu t’en aller alors que mon esprit errait dans le monde de la psyché, quelque part, loin de mon corps.

J’ai tant imaginé ce que tu serais, ce que nous serions. J’ai tant aimé le moment où je sentais ta présence et ton énergie. Etais-je folle de parler avec toi ? Moi qui sens tout jusqu’au plus profond de mes entrailles ? Non, je ne le crois pas. Je tends à penser que je suis bien plus saine que toutes ces femmes qui ne ressentent pas la moindre parcelle de vie dans leur propre corps. Et j’ai compris alors, à travers les mots que tu m’envoyais, que toute vie est bien plus précieuse qu’on ne pourrait l’imaginer.

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Il se cache derrière la lune

Il se cache derrière la lune une sorte d’amertume, un peu de mal-être et une tempête de révolte.

Il se cache derrière la lune tous ces mots que je n’ai pas prononcés, ces larmes non-versées mais aussi ce cœur explosé. Loin du regard insouciant de tous ces gens qui ne comprennent pas, qui ne voient rien d’autre que cette Lune qui reflète la lumière du soleil pour sourire, leur sourire, dire que tout va bien.
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